Une approche complémentaire pour les pratiquants de Qi Gong et d’arts énergétiques
En tant que praticien certifié Feldenkrais, sophrologue et explorateur des pratiques corporelles conscientes, ma pratique m’a conduit à observer un dialogue profond et fertile entre : la méthode Feldenkrais, née dans le contexte occidental du XXe siècle, et les traditions taoïstes comme le Qi Gong. Pourtant, une complémentarité profonde émerge quand on observe comment le Feldenkrais agit sur le corps-esprit.
La porte d’entrée : Cultiver le Song (松), le relâchement actif
Avant même d’aborder les Trois Trésors, sujet de cette page, une rencontre se fait sur le terrain du Song, cet état de relâchement dynamique et de souplesse alerté, fondamental en Qi Gong. Le Feldenkrais y conduit naturellement via l’exploration de micro-mouvements et une attention détendue (prise de recul). Ainsi, le système nerveux apprend à distinguer la tension nécessaire de la tension parasite, il désactive littéralement les contractions superflues (épaules, mâchoire, bassin…). Non par un ordre volontaire, mais grâce à cette méditation par le mouvement (hypnotique) qui conduit à des prise de conscience qui induient le lâcher-prise. Ce Song gagné n’est pas une mollesse, mais une disponibilité tonique optimale : c’est le socle corporel à partir duquel le Jing, le Qi et le Shen peuvent ensuite se déployer pleinement.
Les Trois Trésors (San Bao) : Jing (essence vitale), Qi (énergie vitale) et Shen (esprit/conscience). Ils forment le socle de la vitalité selon la vision taoïste. Le Qi Gong les cultive directement par le mouvement, la respiration et l’intention. En Feldenkrais, on ne parle pas explicitement de ces notions, mais l’on travail sur l’apprentissage sensorimoteur et le système nerveux crée des conditions favorables pour que ces Trésors s’épanouissent plus librement. Explorons comment.

1. Préserver et régénérer le Jing (精) : l’essence vitale
Le Jing représente notre capital de base : vitalité profonde, longévité, réserves physiologiques. Il s’épuise par le stress chronique, les mouvements inefficaces, les tensions inutiles ou une mauvaise économie d’énergie.
La méthode Feldenkrais propose une rééducation douce du mouvement qui favorise l’économie d’effort. En explorant des variations minuscules et lentes, on identifie et on lâche les schémas de crispation superflus (épaules remontées, mâchoire serrée, bassin bloqué…). Le corps apprend à bouger avec le minimum nécessaire, votre sensibilité d’écoute corporelle s’affine ce qui permet une meilleur connaissance de soi et aide à préserver les ressources plutôt que de les dilapider.
Un meilleur alignement structurel et une respiration plus libre améliorent aussi le fonctionnement organique global. Pour le pratiquant de Qi Gong, cela signifie un Jing mieux protégé au quotidien : moins de fuites énergétiques inconscientes, plus de disponibilité pour les pratiques qui nourrissent l’essence (comme les postures debout ou les exercices de conservation).
2. Fluidifier et renforcer le Qi (氣) : l’énergie en circulation
Le Qi est le souffle vital qui anime tout : circulation dans les méridiens, fonctions organiques, vitalité émotionnelle. Ses blocages naissent souvent de restrictions physiques subtiles (rigidité thoracique, bassin figé, appuis déséquilibrés) et souvent inconscientes.
Le Feldenkrais excelle à restaurer la mobilité intégrée : côtes qui s’ouvrent, diaphragme qui respire sans forcer, bassin qui roule librement. Ces libérations dégagent les « autoroutes » du Qi, les fascias. La respiration devient plus ample et naturelle, moteur premier de la circulation énergétique.
En réduisant les déséquilibres toniques (certains muscles toujours tendus, d’autres inhibés), on favorise un tonus équilibré qui laisse le Qi circuler sans entraves. Pour ceux qui pratiquent le Qi Gong, c’est un « nettoyage préalable » précieux : les voies sont plus ouvertes avant même de commencer les enchaînements, ce qui rend l’accumulation et la direction du Qi plus efficace et moins forcée.
3. Apaiser et unifier le Shen (神) : l’esprit présent
Le Shen est l’esprit lumineux, la conscience claire. Il s’agite avec le stress, les pensées compulsives ou un corps tendu qui maintient le système nerveux en alerte. Certains imagent le Shen à une mer calme, qui s’agite (nous sommes à La Ciotat tout de même).
Le Feldenkrais apaise le Shen par un chemin indirect mais puissant : via le corps et le système nerveux. Les leçons lentes, variées et attentionnelles créent un état proche de la méditation en mouvement. On passe du « faire » au « sentir », du performance à l’exploration curieuse sans jugement.
Cette attention fine ramène le Shen dans le corps : au lieu d’errer dans des ruminations mentales, l’esprit s’ancre dans les sensations kinesthésiques. Les tensions chroniques se relâchent, le système nerveux parasympathique domine, et un calme organique émerge. Pour le pratiquant de Qi Gong, cela renforce le Yi (intention) : plus clair, moins pollué par l’effort ou l’ego, il guide le Qi avec douceur et précision.
Une complémentarité naturelle et Feldenkrais et le Qi Gong
Le Feldenkrais ne remplace pas le Qi Gong ni les pratiques taoïstes ; il prépare le terrain. En libérant les schémas limitants du corps et du système nerveux, il crée les conditions pour que :
- Le Jing se préserve
- Le Qi circule librement
- Le Shen s’apaise et rayonne
Dans un monde moderne rempli de stress et de sédentarité, cette approche offre un pont pragmatique en rééduquant notre façon d’habiter le corps … Ainsi, les Trois Trésors s’expriment plus pleinement.
Si vous pratiquez le Qi Gong et/ou si souhaitez explorer comment affiner ces dimensions par le mouvement conscient. Contactez-moi pour en discuter ou tester une ou deux séances découverte gratuites.
Maxime Derai 06 99 34 66 94 ou par email.
SMS
Par courriel : info@maximederai.fr

